Septembre 2016 - Journée sur la prévention de la radicalisation

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Organisée le 23 septembre 2016 par le Département, en voici le bilan !

Le Vendredi 23 septembre 2016 à Bobigny s’est tenue une journée d’information et d’échanges organisée par le Département sur le thème de la prévention de la radicalisation. A destination des professionnels du Pôle Solidarité du Conseil départemental en présence des représentants de partenaires du Département (associations de protection de l’enfance, associations d’insertion, Etat, Tribunal pour Enfants, Parquet, protection Judiciaire de la Jeunesse…), cette journée avait pour objectif d’informer sur la prévention des phénomènes de radicalisation. En effet, les acteurs et agents publics sont en première ligne face à des comportements et dérives certes très minoritaires, mais qui fragilisent le tissu et la cohésion sociale.

Rassemblant plus de 400 personnes, cette journée a permis à la fois d’apporter des éclairages sur les processus qui conduisent des jeunes gens ou des adultes à adopter des conduites, notamment religieuses, radicales et également d’aborder la manière d’agir en prévention pour les intervenants du social et de l’éducatif. Elle a enfin rappelé les dispositifs actuels de signalement en cas de dérives détectées.

Ce type de journée d’information, de réflexion et d’échanges est désormais organisé par différentes collectivités locales ou centres de formation. Elles sont précieuses et nécessaires à la fois, comme l’a rappelé le Président du Conseil départemental, pour que la parole et l’échange aient lieu sur des phénomènes créant parfois des peurs et fragilisant les professionnel-le-s du travail social dans leurs missions, et également pour que les informations circulent sur les approches de prévention et d’accompagnement existantes au niveau national et départemental.

La matinée a ainsi permis d’apporter des éléments de distance et de compréhension grâce à l’analyse et réflexions d’intellectuels, d’universitaires, de praticiens, qui étudient ces questions de radicalisation et de conduites à risques pouvant mener à des comportements de violence ; cette radicalisation comprend des analogies troublantes avec d’autres conduites adolescentes problématiques. Les méthodes de manipulation, de repli identitaire et de délégitimation des institutions attirant des jeunes vers des processus radicaux ont également été analysées. L’importance de travailler sur les facteurs de vulnérabilités psychosociales et de valoriser les compétences des personnes a été rappelée.

L’après-midi avait vocation à éclairer les réponses en prévention et les actions mises en place par l’Etat pour le repérage et l’accompagnement des situations. Une expérience menée par une professeure et un anthropologue avec des lycéens d’Aubervilliers sur la question du mythe et du religieux, qui a permis de créer un espace de parole avec les jeunes notamment autour du fait religieux et dans le contexte d’attentats, a été présentée. Des associations de prévention spécialisées ont témoigné de leur présence dans les quartiers après les attentats et du besoin important éprouvé par les jeunes de dialoguer dans ce contexte et la manière dont ce dialogue a pu être organisé. Les mécanismes de signalement, d’intervention et d’accompagnement ont été rappelés par la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) du service de l’Aide Sociale à l’Enfance du Département (Direction Enfance et Famille) tout en montrant que les mesures d’investigations demandées par la justice pouvaient être des leviers pour travailler avec des jeunes qui sont au début du processus d’engagement dans le processus sectaire. La cellule préfectorale de suivi de la radicalisation a été présentée par la Préfecture de Seine-Saint-Denis en complément de l’action de l’association ADSEA qui accompagne des jeunes et des familles orientées par le numéro gratuit avec une équipe pluridisciplinaire (éducatif, social, psychologique, clinique transculturelle…).

Ce travail d’information et d’accompagnement doit désormais se poursuivre et différentes pistes ont été envisagées en conclusion par Pierre LAPORTE et Frédéric MOLOSSI, Vice-présidents du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.